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 GRIMM

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Béa
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MessageSujet: GRIMM   Mer 23 Nov - 0:42

fe hello!

Les frères Grimm nous ont laissé de fameux Contes!
Oh bien sûr, beaucoup ne sont pas d'eux à l'origine, tout comme ceux de Perault d'ailleurs, mais ils ont eu la brillante initiative de rassembler une multitude invraissemblable de Contes très anciens , remaniés pour leur époque!

En voici un ! je tenais à commencer par celui-ci, car il illustre un peu le sujet de nos chers "Lutins de maisons", ceux qui rendent service aux hommes , secrètement, dans la nuit! lut

Les nains et le cordonnier.

Il était un cordonnier qui, par suite de malheurs, était devenu si pauvre, qu’il ne lui restait plus de cuir que pour une seule paire de souliers.
Le soir il le tailla afin de faire les souliers le lendemain matin ; puis, comme il avait une bonne conscience, il se coucha tranquillement, fit sa prière et s’endormit.

Le lendemain, à son lever, il allait se mettre au travail, quand il trouva la paire de souliers toute faite sur sa table.
Grande fut sa surprise ; il ne savait ce que cela voulait dire. Il prit les souliers et les considéra de tous côtés ; ils étaient si bien faits qu’ils n’y avait pas un seul point de manqué ; c’était un vrai chef-d’oeuvre.
Il entra dans la boutique un chaland, auquel ces souliers plurent tant qu’il les paya plus cher que de coutume, et qu’avec cet argent le cordonnier put se procurer du cuir pour deux autres paires.
Il le tailla le soir même et s’apprêtait à y travailler le lendemain matin, quand il les trouva tout faits à son réveil ; et cette fois encore les chalands ne manquèrent pas, et, avec l’argent qu’il en tira, il put acheter du cuir pour quatre autres paires.

Le lendemain matin, les quatre paires étaient prêtes, et enfin tout ce qu’il taillait le soir était toujours terminé le matin suivant de façon qu’il trouva l’aisance et devint presque riche. Un soir, aux environs de Noël, comme il venait de tailler son cuir et qu’il allait se coucher, il dit à sa femme :
Si nous veillions cette nuit pour voir ceux qui nous aident ainsi ?

La femme y consentit et, laissant une chandelle allumée, ils se cachèrent dans la garde-robe, derrière les vêtements accrochés, et attendirent. Quand minuit sonna, deux jolis petits nains tout nus entrèrent dans la chambre, se placèrent à l’établi du cordonnier et, prenant le cuir taillé dans leurs petites mains, se mirent à piquer, à coudre à battre avec tant d’adresse et de promptitude qu’on n’y pouvait rien comprendre.
Ils travaillèrent sans relâche jusqu’à ce que l’ouvrage fut terminé, et alors ils disparurent tout d’un coup.

Le lendemain, la femme dit :
Ces petits nains nous ont enrichis ; il faut nous montrer reconnaissants. Ils doivent mourir de froid, à courir ainsi tout nus sans rien sur le corps. Sais-tu ? je vais leur coudre à chacun chemise, habit, veste et culotte et leur tricoter une paire de bas ; toi, fais-leur à chacun une paire de souliers.
L’homme approuva fort cet avis ; et le soir, quand tout fut prêt, ils placèrent ces présents sur la table au lieu de cuir taillé, et se cachèrent encore pour voir comment les nains prendraient la chose.
À minuit, ils arrivèrent, et ils allaient se mettre au travail, quand, au lieu du cuir, ils trouvèrent sur la table les jolis petits vêtements.
Ils témoignèrent d’abord un étonnement qui bientôt fit place à une grande joie.
Ils passèrent vivement les habits et se mirent à chanter :
Ne sommes-nous pas de jolis garçons ?
Adieu cuir, souliers et chaussons !


Puis ils commencèrent à danser et à sauter par dessus les chaises et les bancs, enfin, tout en dansant ils gagnèrent la porte.

À partir de ce moment, on ne les revit plus ; mais le cordonnier continua d’être heureux le reste de ses jours, et tout ce qu’il entreprenait lui tournait à bien!... lut coa

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MessageSujet: Re: GRIMM   Mer 23 Nov - 17:10

Toujours des frères Grimm, et encore une histoire de nains!!! lut


Les Nains Magiques!

Il y avait une fois une pauvre servante qui était active et propre ; elle balayait tous les jours la maison et poussait les ordures dans la rue devant la porte. Un matin, en se mettant à l’ouvrage, elle trouva une lettre par terre ; comme elle ne savait pas lire, elle posa son balai dans un coin et porta la lettre à ses maîtres : c’était une invitation de la part des nains magiques, qui la priaient d’être marraine d’un de leurs enfants. Elle ne savait que décider ; enfin, après beaucoup d’hésitations, comme on lui dit qu’il était dangereux de refuser, elle accepta.

Trois nains vinrent la chercher et la conduisirent dans une caverne de la montagne, où ils demeuraient. Tout y était d’une extrême petitesse, mais si joli et si mignon qu’on ne saurai dire combien.

L’accouchée était dans un lit d’ébène incrusté de perles, avec des couvertures brodées d’or ; le berceau de l’enfant était en ivoire et sa baignoire en or massif. Après le baptême, la servante voulait retourner tout de suite chez ses maîtres, mais les nains la prièrent instamment de rester trois jours avec eux. Elle les passa en joie et en fêtes, car ces petits êtres lui faisaient le plus charmant accueil.

Au bout de trois jours, comme elle voulut absolument s’en retourner, ils lui remplirent ses poches d’or et la conduisirent jusqu’à la sortie de leur souterrain. En arrivant chez ses maîtres, elle se remit à son travail ordinaire et reprit son balai au coin même où elle l’avait laissé.

Mais il sortit de la maison des étrangers qui lui demandèrent qui elle était et ce qu’elle voulait. Elle apprit alors qu’elle n’était pas restée trois jours, comme elle croyait, mais sept ans entiers chez les nains, et que pendant ce temps-là ses maîtres étaient morts.


Je vous l'avez dit! le temps chez les "immortels" n'est pas compté comme chez nous, les mortels!
souvenez-vous bien de cela si toutefois il vous prenez l'envie de vous joindre à leur invitation! lut oc tis

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MessageSujet: Re: GRIMM   Jeu 24 Nov - 1:16

pour une fois, je suis fier de pouvoir dire que je connaissais la première histoire!
tout de même, ils sont fort serviables ces nains! ...si seulement ils pouvaient s'occuper aussi des copies de mes élèves! tu crois qu'il y a moyen de moyenner? oh oc ii
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Béa
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MessageSujet: Re: GRIMM   Sam 26 Nov - 1:04

ii Pfffff! toi alors! pense à tous ces petits élèves qui ont mis tout leur coeur à s'appliquer sur leurs beaux devoirs! fu st

Aaah! ces êtres du Petit Peuple nous réservent toujours des surprises!
Ils savent se montrer charmants , comme ils peuvent devenir féroces!
...le tout est de savoir y faire! en général, la générosité leur est primordiale...générosité, et pas de convoitise! ko

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MessageSujet: Re: GRIMM   Mer 2 Avr - 8:50

fey coa LE PRINCE GRENOUILLE

Dans des temps très anciens, alors qu’il pouvait encore être utile de faire des voeux, vivait un roi dont toutes les filles étaient belles. La plus jeune était si belle que le soleil, qui en a cependant tant vu, s’étonnait chaque fois qu’il illuminait son visage. Non loin du château du roi, il y avait une grande et sombre forêt et, dans la forêt, sous un vieux tilleul, une fontaine. Un jour qu’il faisait très chaud, la royale enfant partit dans le bois, et s’assit au bord de la source fraîche. Et comme elle s’ennuyait, elle prit sa balle en or, la jeta en l’air et la rattrapa; c’était son jeu favori.

Il arriva que la balle d’or, au lieu de revenir dans sa main, tomba sur le sol et roula tout droit dans l’eau. La princesse la suivit des yeux, mais la balle disparut: la fontaine était si profonde qu’on n’en voyait pas le fond. La jeune fille se mit à pleurer, à pleurer de plus en plus fort; elle était inconsolable. Comme elle gémissait ainsi, quelqu’un lui cria: “Pourquoi pleures-tu, princesse, si fort qu’une pierre s’en laisserait attendrir?” Elle regarda autour d’elle pour voir d’où venait la voix et aperçut une grenouille qui tendait hors de l’eau sa tête grosse et affreuse. “Ah! c’est toi, vieille barboteuse!” dit-elle, “je pleure ma balle d’or qui est tombée dans la fontaine.” - “Tais-toi et ne pleure plus,” dit la grenouille, “je vais t’aider. Mais que me donneras-tu si je te rapporte ton jouet?” - “Ce que tu voudras, chère grenouille,” répondit-elle, “mes habits, mes perles et mes diamants et même la couronne d’or que je porte sur la tête.” - “Je ne veux ni de tes perles, ni de tes diamants, ni de ta couronne. Mais, si tu acceptes de m’aimer, si tu me prends comme compagne et camarade de jeux, si je peux m’asseoir à ta table à côté de toi, manger dans ton assiette, boire dans ton gobelet et dormir dans ton lit, si tu me promets tout cela, je plongerai au fond de la source et te rendrai ta balle.” - “Mais oui,” dit-elle, “je te promets tout ce que tu veux à condition que tu me retrouves ma balle.” Elle se disait: Elle vit là, dans l’eau avec les siens et coasse. Comment serait-elle la compagne d’un être humain?

Quand la grenouille eut obtenu sa promesse, elle mit la tête sous l’eau, plongea et, peu après, réapparut en tenant la balle entre ses lèvres. Elle la jeta sur l’herbe. En retrouvant son beau jouet, la fille du roi fut folle de joie. Elle le ramassa et partit en courant. “Attends! Attends!” cria la grenouille. “Emmène-moi! Je ne peux pas courir aussi vite que toi!” Mais il ne lui servit à rien de pousser ses ‘coâ! coâ! coâ!’ aussi fort qu’elle pouvait. La jeune fille ne l’écoutait pas. Elle se hâtait de rentrer à la maison et bientôt la pauvre grenouille fut oubliée. Il ne lui restait plus qu’à replonger dans la fontaine.

Le lendemain, comme la petite princesse était à table, mangeant dans sa jolie assiette d’or, avec le roi et tous les gens de la Cour, on entendit - plouf! plouf! plouf! plouf! - quelque chose qui montait l’escalier de marbre. Puis on frappa à la porte et une voix dit: “Fille du roi, la plus jeune, ouvre moi!” Elle se leva de table pour voir qui était là. Quand elle ouvrit, elle aperçut la grenouille. Elle repoussa bien vite la porte et alla reprendre sa place. Elle avait très peur. Le roi vit que son coeur battait fort et dit: “Que crains-tu, mon enfant? Y aurait-il un géant derrière la porte, qui viendrait te chercher?” - “Oh! non,” répondit-elle, “ce n’est pas un géant, mais une vilaine grenouille.” - “Que te veut cette grenouille?” - “Ah! cher père, hier, comme j’étais au bord de la fontaine et que je jouais avec ma balle d’or, celle-ci tomba dans l’eau. Parce que je pleurais bien fort, la grenouille me l’a rapportée. Et comme elle me le demandait avec insistance, je lui ai promis qu’elle deviendrait ma compagne. Mais je ne pensais pas qu’elle sortirait de son eau. Et voilà qu’elle est là dehors et veut venir auprès de moi.” Sur ces entrefaites, on frappa une seconde fois à la porte et une voix dit:
“Fille du roi, la plus jeune,
Ouvre-moi!
Ne sais-tu plus ce qu’hier
Au bord de la fontaine fraîche
Tu me promis?
Fille du roi, la plus jeune,
Ouvre-moi!”

Le roi dit alors: “Ce que tu as promis, il faut le faire. Va et ouvre!” Elle se leva et ouvrit la porte. La grenouille sautilla dans la salle, toujours sur ses talons, jusqu’à sa chaise. Là, elle s’arrêta et dit: “Prends-moi auprès de toi!” La princesse hésita. Mais le roi lui donna l’ordre d’obéir. Quand la grenouille fut installée sur la chaise, elle demanda à monter sur la table. Et quand elle y fut, elle dit: “Approche ta petite assiette d’or, nous allons y manger ensemble.” La princesse fit ce qu’on voulait, mais c’était malgré tout de mauvais coeur. La grenouille mangea de bon appétit ; quant à la princesse, chaque bouchée lui restait au travers de la gorge. À la fin, la grenouille dit: “J’ai mangé à satiété; maintenant, je suis fatiguée. Conduis-moi dans ta chambrette et prépare ton lit de soie; nous allons dormir.” La fille du roi se mit à pleurer; elle avait peur du contact glacé de la grenouille et n’osait pas la toucher. Et maintenant, elle allait dormir dans son joli lit bien propre! Mais le roi se fâcha et dit: “Tu n’as pas le droit de mépriser celle qui t’a aidée quand tu étais dans le chagrin.” La princesse saisit la grenouille entre deux doigts, la monta dans sa chambre et la déposa dans un coin. Quand elle fut couchée, la grenouille sauta près du lit et dit: “Prends-moi, sinon je le dirai à ton père.” La princesse se mit en colère, saisit la grenouille et la projeta de toutes ses forces contre le mur: “Comme ça tu dormiras, affreuse grenouille!”

Mais quand l’animal retomba sur le sol, ce n’était plus une grenouille. Un prince aux beaux yeux pleins d’amitié la regardait. Il en fut fait selon la volonté du père de la princesse. Il devint son compagnon aimé et son époux. Il lui raconta qu’une méchante sorcière lui avait jeté un sort et la princesse seule pouvait l’en libérer. Le lendemain, ils partiraient tous deux pour son royaume. Ils s’endormirent et, au matin, quand le soleil se leva, on vit arriver une voiture attelée de huit chevaux blancs. Ils avaient de blancs plumets sur la tête et leurs harnais étaient d’or. À l’arrière se tenait le valet du jeune roi. C’était le fidèle Henri. Il avait eu tant de chagrin quand il avait vu son seigneur transformé en grenouille qu’il s’était fait bander la poitrine de trois cercles de fer pour que son coeur n’éclatât pas de douleur. La voiture devait emmener le prince dans son royaume. Le fidèle Henri l’y fit monter avec la princesse, et s’installa de nouveau à l’arrière, tout heureux de voir son maître libéré du mauvais sort.

Quand ils eurent roulé pendant quelque temps, le prince entendit des craquements derrière lui, comme si quelque chose se brisait. Il tourna la tête et dit:
“Henri, est-ce l’attelage qui brise ses chaînes?”
“Eh! non, Seigneur, ce n’est pas la voiture,
Mais de mon coeur l’une des ceintures.
Car j’ai eu tant de peine
Quand vous étiez dans la fontaine,
Transformé en grenouille vilaine!”
Par deux fois encore, en cours de route, on entendit des craquements et le prince crut encore que la voiture se brisait. Mais ce n’était que les cercles de fer du fidèle Henri, heureux de voir son seigneur délivré.

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MessageSujet: Le poële en fonte   Mer 16 Déc - 10:25

brrrr un Conte de Grimm....histoire de se réchauffer un peu, qu'en dites-vous?! flocon flocon

Le Poêle en fonte

Au temps où l'on pratiquait encore la magie, une vieille sorcière ensorcela un prince royal et l'obligea à vivre dans un immense poêle en fonte situé en pleine forêt. Le prince y resta de nombreuses années car personne ne savait le délivrer.
Un jour, une princesse s'égara dans la forêt et ne savait pas comment retourner chez elle. Elle erra pendant neuf jours entre les arbres touffus et arriva finalement au poêle en fonte. Elle entendit alors une voix lui demander :
- D'où viens-tu ? Où veux-tu aller ?
- Je me suis égarée et je ne sais pas comment rentrer chez moi.
Et la voix du poêle dit :
- Je t'aiderai et tu pourras vite rentrer chez toi, si tu me promets de faire ce que je te demanderai. Moi aussi je suis un prince et encore plus noble que toi, et je voudrais t'épouser.
La fille royale s'affola.
- Mon Dieu, que ferais-je avec un poêle en fonte ? pensa-t-elle, mais souhaitant par-dessus tout rentrer vite chez elle, elle promit au poêle de faire tout ce qu'il lui demanderait.
Et la voix dit :
- Tu reviendras ici avec un couteau et tu creuseras un trou dans la fonte.
Et un guide apparut et la reconduisit chez elle, sans prononcer un mot.

Au château, tout le monde se réjouit du retour de la princesse.
Le vieux roi se jeta à son cou et l'embrassa avec effusion.

Sa fille fut néanmoins très troublée et elle dit d'une voix triste :
- Oh, mon cher père, si tu savais ce que j'ai dû endurer !
Je n'aurais jamais réussi à sortir de cette forêt profonde et épaisse si je n'étais pas arrivée à un poêle en fonte qui m'a aidée.
En revanche, j'ai dû m'engager à revenir auprès de lui pour le libérer et l'épouser.

Le vieux roi faillit s'évanouir. Il fut effondré d'autant plus qu'il s'agissait de sa fille unique. Finalement, ils décidèrent d'envoyer dans la forêt la fille du meunier à la place de la princesse.
Ils l'accompagnèrent jusqu'à la lisière de la forêt, lui donnèrent un couteau et lui demandèrent de creuser un trou dans le poêle.

Elle creusa sans relâche pendant vingt-quatre heures mais sans aucun effet. À l'aube on entendit depuis le poêle en fonte :
- Il me semble que le jour s'est levé.
- J'ai la même l'impression, répondit la jeune fille. Je crois entendre tourner le moulin de mon père.
- Ah, tu es donc la fille du meunier ! Tâche de rentrer d'où tu es venue
et envoie-moi la princesse !

La jeune fille partit et dit au roi que ce n'était pas elle qu'on voulait dans la forêt, que c'était la princesse qu'on y attendait.
Le vieux roi eut peur et la princesse commença à pleurer.
Mais il y avait encore une autre jeune fille au château, la fille du porcher, et elle était encore plus belle que la fille du meunier.
Ils décidèrent donc de lui donner un peu d'argent pour qu'elle aille dans la forêt à la place de la princesse.

Ils l'accompagnèrent jusqu'à la forêt puis, pendant vingt-quatre heures, elle creusa la fonte sans relâche.
Mais elle ne réussit à gratter le moindre fragment.
À l'aube, elle entendit la voix du poêle :
- Il me semble que le jour s'est levé.
Et la jeune fille répondit :
- Il me semble aussi, j'ai l'impression d'entendre le cor de mon père.
- Ah, tu es donc la fille du porcher ! Va-t'en tout de suite et envoie-moi la princesse ! Et dis-lui que si elle ne vient pas, tout se passera comme je l'ai promis. Le royaume tout entier sera détruit, et il ne restera pas une seule pierre debout.

La princesse écouta les larmes aux yeux, mais il ne servait à rien de se lamenter.
Elle fit donc ses adieux à son père, prit un couteau et se dirigea vers le poêle en fonte au fond de la forêt. Une fois sur place, elle se mit à gratter et la fonte semblait fondre d'elle-même sous ses mains.
Et deux petites heures plus tard, elle avait déjà réussi à creuser un petit trou. Elle regarda alors dans le poêle et y vit un beau jeune homme vêtu d'un costume brillant, brodé d'or et serti de pierres précieuses.

Il lui plaisait vraiment et son cœur s'enflamma pour lui.
Elle continua à creuser jusqu'à ce que le trou soit suffisamment large pour que le prince puisse sortir. Il dit alors :
- Tu m'appartiens et je t'appartiens. Tu es ma fiancée, car tu m'as sauvé.

Et il voulut l'emmener dans son royaume sur-le-champ, mais la princesse souhaita revoir son vieux père. Le prince ne s'y opposa pas, mais lui demanda de ne pas dire plus de trois mots à son père et de le rejoindre ensuite sans tarder.

La princesse rentra chez elle - mais elle prononça plus de trois mots.
Et le poêle en fonte disparut, s'envola loin par-dessus les monts en verre et les épées tranchantes, mais le prince n'était plus à l'intérieur il était libéré.
La princesse fit ses adieux à son père, prit un peu d'argent pour la route et alla retrouver le prince dans la forêt. Mais elle ne le trouva pas.
Elle le chercha pendant neuf jours, et elle était épuisée et affamée, car elle ne savait pas comment se nourrir

À la tombée de la nuit, ayant peur des animaux sauvages, elle grimpa sur un petit arbre pour y passer la nuit.
Et vers minuit, elle aperçut une faible lumière au loin.
« J'y trouverai peut-être de l'aide » se dit-elle.
Elle descendit de l'arbre et partit en direction de la lumière.
Elle arriva à une petite chaumière, vieille et voûtée, toute recouverte d'herbes.
« Ah, où suis-je arrivée, pauvre de moi ? » soupira la princesse.
Elle jeta un coup d'œil à l'intérieur, mais elle ne vit que des grenouilles, petites et grosses. Puis, elle aperçut aussi une belle table garnie, avec du vin et de la viande rôtie, et des assiettes et des coupes en argent.
Elle prit donc son courage à deux mains et frappa à la porte.
Et la grenouille Grassouillette coassa en réponse :

Dépêche-toi, grenouille verte,
Tellement grosse mais si alerte,
Hop et hop ! Va-t'en découvrir
Qui, notre maison, va accueillir.


Alors, une grenouille arriva en sautant et ouvrit la porte.
Et lorsque la visiteuse la franchit, toutes les grenouilles l'accueillirent très aimablement.
- Que faites-vous ici ? demandèrent-elles.
D'où venez-vous et où allez-vous ?

La princesse leur raconta ce que lui était arrivé ; qu'elle n'avait pas tenu sa promesse et avait prononcé plus de trois mots en parlant avec son père et que le poêle en fonte avec le prince avaient disparu.
Elle leur dit aussi qu'elle était décidée à chercher le prince par monts et par vaux, jusqu'à ce qu'elle le retrouve.
Et la vieille grenouille Grassouillette dit :

Dépêche-toi, grenouille verte,
Tellement grosse mais si alerte,
Hop et hop ! Va vite chercher,
La grande boîte, bien cachée.
Apporte-la-moi à toute vitesse,
Ne fais pas languir la princesse !


La Grenouillette s'en alla en sautillant et rapporta une grande boite.
Puis les grenouilles donnèrent à la princesse à manger et à boire et la conduisirent jusqu'à un lit somptueux, qui semblait être fait de soie et de velours. La princesse se coucha, se recommanda à Dieu et s'endormit.

Au matin, elle se leva de très bonne heure. La vieille grenouille lui donna trois aiguilles prises dans la grande boîte et souligna que sans elles, elle n'irait pas loin, puisqu'elle devait franchir une grande montagne en verre, trois épées tranchantes et un très grand lac.
Si elle y parvenait, elle retrouverait son bien-aimé.
Et elle lui recommanda de prendre bien soin des aiguilles et des deux autres objets qu'elle allait lui donner ; une roue de charrue et trois noix.

Et la princesse partit avec tous les objets offerts par les grenouilles. Lorsqu'elle arriva à la montagne en verre, lisse comme un miroir, elle se mit à enfoncer les aiguilles, à chaque pas, derrière elle et ensuite devant elle, avançant en procédant ainsi jusqu'à ce qu'elle fût passée de l'autre côté. Puis elle choisit un endroit pour cacher ses aiguilles et tâcha de bien se le rappeler.
Peu après, elle arriva aux trois épées tranchantes et monta alors sur la roue de la charrue pour les franchir.
Finalement, elle atteignit un grand lac.
Elle le franchit en nageant et arriva enfin devant un château magnifique. Elle entra et demanda du travail en disant qu'elle était très pauvre et qu'elle avait besoin de travailler pour survivre.
Elle savait bien, en fait, que le prince qu'elle avait libéré du poêle en fonte dans la forêt profonde vivait dans ce château. Ils l'engagèrent comme aide-cuisinière, pour un salaire insignifiant.

Le jeune prince avait entre-temps choisi une autre fiancée et avait l'intention de l'épouser, parce qu'il était persuadé que la princesse qui l'avait libéré était déjà morte depuis longtemps.

Le soir, la princesse lava la vaisselle et, ayant terminé son travail à la cuisine, elle plongea la main dans sa poche pour en retirer les trois noix reçues de la vieille grenouille.
Elle cassa la première pour pouvoir manger le cerneau, mais qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit, à la place du fruit, une magnifique robe de princesse. Lorsque la fiancée du prince l'apprit, elle vint voir l'aide-cuisinière et voulut la lui acheter coûte que coûte.
De toute manière, une telle robe, disait-elle, n'était pas faite pour une domestique. La servante répondit que non, qu'elle ne voulait pas la vendre, sauf si la fiancée la laissait passer une nuit dans la chambre du prince. Dans ce cas, elle pourrait l'avoir tout de suite.

La fiancée accepta, car la robe était magnifique et elle n'en avait pas d'aussi belle. Le soir, elle dit à son fiancé :
- Cette petite folle de la cuisine veut absolument dormir cette nuit dans ta chambre à coucher.
- Si toi, cela ne te gêne pas, je n'ai rien contre, répondit-il.
Mais la fiancée lui fit boire un verre de vin dans lequel elle avait mis un somnifère. L'aide-cuisinière se rendit à la chambre du prince, mais celui-ci dormait d'un sommeil si profond qu'elle ne réussit pas à le réveiller.

Elle passa la nuit à pleurer et à se lamenter :
- Je t'ai délivré de la forêt sauvage et du poêle en fonte. Je t'ai longtemps cherché et, pour te retrouver, j'ai escaladé une montagne en verre, franchi trois épées tranchantes et traversé un lac immense - et maintenant que je suis là, tu ne m'entends même pas !

Les valets placés derrière la porte de la chambre entendirent pendant toute la nuit les pleurs et les lamentations de la jeune fille et, le lendemain, ils le dirent à leur maître.

Le soir, après avoir lavé le sol de la cuisine, la princesse ouvrit la deuxième noix. La robe qui se trouvait à l'intérieur était encore plus belle que la précédente.
Dès que la fiancée du prince la vit, elle voulut l'acheter à tout prix.
Mais l'aide-cuisinière refusa l'argent et demanda à nouveau de pouvoir passer la nuit dans la chambre du prince.
Or, la fiancée versa à nouveau un somnifère dans le verre de son futur époux et le prince dormit et ne put donc rien entendre.

La jeune fille pleura toute la nuit en se lamentant :
- Je t'ai délivré de la forêt sauvage et du poêle en fonte. Je t'ai cherché et pour te retrouver j'ai escaladé une montagne en verre, franchi trois épées tranchantes et traversé à la nage un lac immense - et maintenant que je suis là, tu ne le sais même pas !

Le lendemain, les laquais qui, derrière la porte, entendirent à nouveau les pleurs de la jeune fille, allèrent raconter tout à leur maître.
Lorsque, le troisième soir, la princesse, après avoir lavé la vaisselle, cassa la dernière noix, une robe en or pur et encore plus ravissante que les précédentes, brillait à l'intérieur.
Dès qu'elle la vit, la fiancée voulut l'acquérir à tout prix.

Mais la jeune fille refusa à nouveau et demanda pour la troisième fois de pouvoir passer la nuit dans la chambre à coucher du prince.
Cette fois-ci le prince fit attention et déversa en cachette la boisson avec le somnifère. Et lorsque la princesse en larmes se mit à appeler :
« Mon bien-aimé, je t'ai sauvé de la forêt profonde et du poêle en fonte ... » Le prince sauta de son lit et s'écria :
- C'est toi ma vraie fiancée, tu m'appartiens et je t'appartiens.

Et alors, la nuit même, ils partirent dans un carrosse. Lorsqu'ils arrivèrent au lac immense, ils le traversèrent en barque, puis ils franchirent les épées tranchantes en montant sur la roue de la charrue et pour passer de l'autre côté de la montagne en verre ils s'aidèrent des trois aiguilles bien cachées.
Finalement, ils arrivèrent à la vieille petite chaumière et lorsqu'ils pénétrèrent à l'intérieur, elle se transforma en un château somptueux.
Les grenouilles se transformèrent en princes et en princesses et tous ensemble ils se réjouirent lorsque le prince épousa la princesse.
Ils s'installèrent au château, qui était bien plus grand que celui où était née la princesse, et comme le vieux roi s'ennuyait seul, ils partirent le chercher et l'emmenèrent avec eux.

Ainsi les deux jeunes époux régnèrent ensemble sur les deux royaumes et vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours.


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