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 Le torpilleur des rues.....

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Myosotis
Elfe du Jardin
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Nombre de messages : 638
Age : 87
Localisation : sud ouest france
Date d'inscription : 01/03/2006

MessageSujet: Le torpilleur des rues.....   Ven 2 Mai - 14:12

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-Lorsque La Seyne devint une cité urbaine, et qu'il fallut procéder chaque jour à l'évacuation des ordures et des vidanges, on vit s'aligner sur les trottoirs devant chaque porte, à l'heure du laitier, les poubelles voisinant avec les toupines. (pots de chambre ).

C'étaient des véhicules différents qui se chargeaient d'enlever le contenu des unes et des autres. Ils ne circulaient pas aux mêmes heures et les toupines devaient être sorties peu avant le passage du torpilleur, au petit matin.

Le ramassage des ordures ménagères s'effectuait au moyen d'un tombereau tiré par un cheval et le préposé, nanti d'une énorme pelle plate et d'un balai de bruyère, devait vider les poubelles et enlever les petits tas d'ordures accumulés par les balayeurs de rue bien avant son passage.

Le torpilleur, véhicule hippomobile au XIXe siècle, devint un engin motorisé dans les quelques années qui précédèrent la mise en service de l'Émissaire commun.

Mais pourquoi l'appelait-on ainsi ? Probablement parce qu'on le fuyait comme un navire aurait fui face à la menace d'une torpille. La puanteur que répandait ce véhicule constituait une telle agression qu'on le considérait comme un danger redoutable, surtout quand il venait à la rencontre d'un piéton. Ce dernier n'avait d'autre recours que de tourner les talons, en pressant son mouchoir sur ses narines. On disait alors : " Attention, ça torpille ! "

Il arriva que pour éviter cette mauvaise rencontre, des travailleurs ratent le départ du bateau ou du tramway qui les conduisait à leur atelier ou à leur bureau.

On voit donc que ce maudit véhicule avait dans la vie quotidienne des répercussions multiples et fort désagréables.

Les toupines vernies, couvertes obligatoirement d'un disque en bois ou en métal, portant un bouton sphérique en son centre, attendaient sagement le passage du préposé municipal qui s'annonçait de loin par des jurons sonores.

Son cheval n'allait jamais à la cadence qu'il souhaitait. Parfois, des récipients avaient été renversés par de mauvais plaisants, ce qui ajoutait à la colère du vidangeur et provoquait en lui des poussées d'exaspération. Ou alors, des retardataires le hélaient, leur toupine à la main. Il leur répliquait violemment :

- Vous attendrez demain !
- Mais j'en ai qu'une, de toupine !
- Allez la vider vous-même chez Gamel !

Pour la petite histoire, il faut savoir que les Gamel étaient des éleveurs de cochons établis au quartier Saint-Jean. Propriétaires de vastes terrains entre la route d'Ollioules et l'Hôpital, ils recevaient la vidange que l'on y épandait. Les émanations qui se mêlaient à celles des porcheries n'avaient pas fait de ce quartier un endroit où l'on flâne.

Nos concitoyens avaient donc fait leur l'expression : Sènté Gamèou (ça sent Gamel) énoncée chaque fois qu'une odeur nauséabonde parvenait à leurs narines.

Le passage du torpilleur dans la rue était l'occasion de scènes souvent désopilantes, sauf pour celui qui en était la victime.


Le tonneau de vidange, monté sur deux roues, avait une contenance de cinq cents litres environ. Il était coiffé d'un entonnoir volumineux, par lequel le préposé versait le contenu d'un gros seau rempli lui-même par l'apport de plusieurs toupines. Les mêmes gestes répétés des centaines de fois, exigeaient des efforts physiques assez considérables.


Tous ces transferts de liquides ne pouvaient s'effectuer sans éclaboussures, surtout lorsque le mistral s'engouffrait dans nos rues. On comprend pourquoi les passants avaient intérêt à s'écarter de ce véhicule pendant que le préposé municipal effectuait ses manipulations.


Ce dernier, malgré l'adresse dont il pouvait faire preuve, mettait ses vêtements dans un état lamentable. Son pantalon en velours qui tombait en accordéon sur ses chaussures, son veston boutonné jusqu'au cou, son chapeau de feutre noir, présentaient un aspect peu ragoûtant.


Et quand le gros tonneau que l'on appelait la boute (du Provençal bouta : tonneau) s'ébranlait sur les pavés disjoints, bringuebalant de droite et de gauche, des giclées du trop-plein s'échappaient par l'entonnoir pour venir s'écraser sur la chaussée en de redoutables flic-flac.


Si le cheval n'avait pas su éviter les trous profonds, le vidangeur furieux l'accablait d'injures retentissantes.





Et puis nos braves ménagères, les yeux encore gonflés de sommeil, venaient récupérer leur récipient. On assistait alors à d'autres scènes de la rue que nos grand-mères nous ont toujours contées avec des houles de rire.


Ces dames s'approchaient délicatement de la toupine, en regardant bien où poser leurs pieds, tenant les pans de leur peignoir d'une main, alors que de l'autre, elles brandissaient l'escoubette, petit balai terminé par un hérisson de chiendent.

Celles qui demeuraient à proximité d'une fontaine, y rinçaient leur toupine sans difficulté. Dans les rues les plus longues, où n'existait qu'un seul point d'eau à une extrémité, les ménagères qui en étaient le plus éloignées apportaient l'eau de rinçage de l'intérieur. Après avoir consciencieusement nettoyé le récipient, elles le vidaient dans le ruisseau où stagnait le liquide pendant plusieurs jours, surtout si la sécheresse sévissait.

On imagine, dans ces conditions, ce que sentaient nos rues et les dangers d'infection que représentaient ces liquides croupissant dans les interstices des pavés !





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J'imagine que vous avez été interessés par ce récit du bon vieux temps, comme l'appelle certains......c'était une époque !
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olivia
Lutin confirmé
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Nombre de messages : 178
Localisation : nord
Date d'inscription : 15/01/2008

MessageSujet: Re: Le torpilleur des rues.....   Ven 2 Mai - 22:06

fe trés interéssant ce sujet , j'imagine touts ces femmes avec leurs longues robes qui traînaient partout , tout cela n'était pas trés hygiénique, et cette époque n'est pas loin de nous , 1900 je pense , si on devait revenir en arriére ,on se rendrait compte des progrés qu'il y a eu,
et du temps que l'on gagne avec le modernisme.

qu'elle était la meilleure époque , vaste sujet de réflexion!!!

ze do ze
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Béa
Rang: Administrateur
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Nombre de messages : 8962
Age : 53
Localisation : Provence
Date d'inscription : 22/02/2005

MessageSujet: Re: Le torpilleur des rues.....   Dim 4 Mai - 22:04

fe c'est vraiment interessant cette historique!!!
je ne la vois que maintenant, désolée, Myosotis!
par contre, je ne sais pas si ça vient de mon ordi, mais je ne vois pas les images! ... je viendrai voir ultérieurement.

Quelle époque? ... allez savoir, ma bonne dame! Lol! lut
certes, ce n'était pas tout simple, et niveau hygiène, il y avait vraiment du progrés à faire, necessaire, vital même!
mais quand même... les nouvelles techniques ne sont pas toutes bonnes à prendre... la preuve en est d'un surplus de polution, et je ne parle pas de la "pollution morale"!...
trop de technolgie isole tout le monde! mais c'est un débat qui n'aurait pas de fin, car quoiqu'il en soit, il y a toujours du "50/50" sur chaque point.

Merci Myosotis! japprécie beaucoup ces moments de l'Histoire!
tu pourrais d'ailleurs, si cela s'étend aussi dans d'autres domaines historiques, nous mettre ces sujets passionnants dans notre Grimoire!
Vraiment, merci à toi! pa

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MessageSujet: Re: Le torpilleur des rues.....   

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Le torpilleur des rues.....
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