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 Légendes de Provence

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Béa
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Béa

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MessageSujet: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMer 9 Avr - 11:29

pap vert Bien des légendes ont couru et courent encore dans toute la région de Provence!
entre le Rhône au milieu, la Durance d'un côté, et le Gard de l'autre,
en passant par la côte Méditerranéenne, les Paroles ont rapporté bien des mystères, un bestiaire également bien pourvu, et puis, il faut bien le reconnaitre... quelques bonnes galejades également.
Empruntes de poésie parfumée, de sourire couleur de miel, et de regards couleur Lavande, les Légendes de Provence pourront parfois faire rire, trembler, soupirer...et même pleurer.

En voici une toute première, que j'anoterais comme "anecdote", mais pas des moindres! lut tis
Issue d'une famille de Paysans d'un côté, et de marins pêcheurs de l'autre, inutile de vous dire que de la Bête qui va vous être contée, j'en ai souvent entendu parler!! ii

La Lièvre du Mont Faron.

Heureusement, chez nous, toutes les bêtes ne sont pas aussi méchantes que certaines dont vous avez entendu parler. Il y en a même d'assez
amusantes, comme.... la lièvre de Toulon.

J'entends déjà certains protester : un lièvre, c'est masculin ! Eh bien ! Pas à Toulon... où vécut une bête peu
ordinaire sur les pentes du Mont Faron.
C'était une lièvre femelle d'une taille inhabituelle, presque aussi grosse qu'un chien de berger.
Elle avait échappé aux chasseurs et aux braconniers car elle était vive et rusée.
On parlait d'elle sur le port. On parlait d'elle dans les boutiques et sur les marchés.
On parlait d'elle dans les bastides environnantes. Bien des gens l'avaient aperçue, mais aucun n'avait encore réussi à l'attraper. C'est pourquoi cette lièvre avait eu le temps de grandir et de grossir bien plus qu'un lièvre
ordinaire.
A force d'en parler, on la disait maintenant presque aussi grosse qu'un cochon.
A force de vanter son agilité, on la disait plus rapide qu'un coursier du diable.
A force de célébrer son esprit futé, elle devenait plus maligne qu'une sorcière et plus savante qu'un
alchimiste. Bref, d'année en année et de récit en récit, cette bête peureuse s'était parée des qualités d'un animal de légende.

Un soir, un jeune braconnier de la région en eut assez d'entendre toutes ces fables et se dit qu'une lièvre de cette taille, de ce poids et de cette renommée serait aussi bien dans sa marmite que dans ces
conversations.
Il attendit la nuit et grimpa sur les pentes du Mont Faron où il se cacha derrière un rocher.
Là, il ne tarda pas à voir passer la lièvre. Elle ne devait pas être si maligne qu'on le prétendait car elle courait autour de la montagne sans prendre le temps de respirer ni de se retourner pour constater que personne ne la poursuivait.
Le garçon constata qu'elle était en effet de la taille d'un cochon et que son allure était vive.
Mais il remarqua également qu'à force de courir dans le même sens, elle avait usé ses deux pattes
gauche, celle de devant, et celle de derrière, ce qui lui donnait un drôle d'air.
Cette nuit-là, il rentra chez lui. Et il se mit à réfléchir.

Au matin, il s'en fut sur le port et demanda à un ami pêcheur :
- Peux-tu me prêter un de tes filets ?
- Et pour quoi faire, mon garçon ?
- Pour attraper la lièvre du Mont Faron.
Les gens qui se trouvaient là éclatèrent de rire.
- Ce n'est pas avec un filet que tu captureras celle-là ! On la dit plus rapide qu'un coursier du diable et plus rusée qu'une sorcière.
Le garçon ne répondit pas. Il prit le filet et retourna se cacher sur les pentes du Mont Faron.

Quand il vit passer la lièvre, il bondit à sa rencontre.
Effrayée, la bête fit demi-tour et, déséquilibrée par ses pattes usées, bascula dans le ravin où le jeune braconnier avait pris soin de tendre le filet. Elle se prit dans les mailles et il n'eut plus qu'à la remonter. Mais elle était si lourde qu'une maille du filet craqua, puis une autre, puis le filet tout entier... et la lièvre put s'échapper avant que le garçon n'ait eu temps de la hisser.

Il redescendit au port pour emprunter un autre filet. Les gens, surpris, l'interrogèrent.
Et il raconta l'aventure. Aussitôt, d'autres braconniers voulurent tenter l'expérience. Ils se cachèrent derrière les rochers du Mont et attendirent le passage de cette lièvre fabuleuse.
Mais elle ne montra pas le bout de son nez ! Et ils rentrèrent, déçus.

On l'entend parfois claudiquer, sur les sentiers, entre les touffes de romarin. On voit des pierres dévaler les pentes et rouler dans les ravins. Mais personne n'a aperçu la lièvre aux pattes gauche usées.
Sans doute ne la verra-t-on plus... Depuis le temps, elle doit être fatiguée ! Elle a dû tellement grandir qu'on la prendrait pour un ânon ! Elle a dû tellement grossir qu'elle n'entrerait plus dans aucune marmite.
C'est pour cela que dans la région, on a renoncé à la prendre.
Et, quand on parle de quelqu'un qui court sans cesse après l'impossible, on dit de lui :
“ Eh bé... celui-là, faut l'envoyer chercher la lièvre du Mont Faron ! “


... :an: et si vous ne me croyez pas, demandez à mon Père! ii

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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMer 9 Avr - 20:32

Et bé!
Elle est géniale cette histoire et tu sais que j'entends l'accent toulonnais quand je la lis. ye

Ah.. C'est bon, c'est bon! c
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Béa
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyJeu 10 Avr - 11:44

flo je te remercie Samantha, de venir te poser un peu ici, dans les senteurs de Provence!
je sais bien que ce n'est pas un conte, c'est pourquoi je l'ai mis ici, dans la partie "légendes".
et comme tu as pu le comprendre, il s'agit plus d'une "anecdote" légendaire, qu'une véritable histoire.
Mais il en faut aussi, car elles viennent souligner certains traits de caracère d'une région, et elles donnent un souffle léger dans un spectacle de Conte!
en fait, oralement elles sont toujours bien venues, je confirme!

Bref, merci d'apprécier ça, Dame Samantha! ça me fait bien plaisir si tu as pris plaisir aussi! sun fleuri

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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMar 15 Avr - 9:22

ai en voici une plus ténébreuse....

La Sorcière amoureuse.

Les pentes des montagnes de Provence n'abritent pas que des gens aussi respectables.
On dit même que la vallée de la Roya est hantée par des êtres bien singuliers ...

Certains soirs d'été, lorsque l'orage gronde, les falaises qui bordent la Roya résonnent encore de mille voix inquiétantes. Ce sont celles des sorcières qui jalousent les bergères aux jupons fleuris se hâtant de rentrer leurs troupeaux à la bergerie.
Marion était la plus jolie d'entre les jeunes filles qui surveillaient les moutons et les vaches sur les pentes des montagnes. Ses cheveux de miel semblaient une insulte aux tignasses hirsutes des haineuses
magiciennes, dont on apercevait parfois les touffes rebelles aux crêtes d'un vallon. Ses yeux d'un bleu sombre, plus profonds que la nuit, faisaient rêver les garçons du pays. Et la douceur de sa voix n'avait d'égale que celle de son coeur.
Rase-Mottes, la plus hideuse et la plus hargneuse des sorcières, ne pouvait supporter autant de parfaite beauté. Elle s'en ouvrit à ses soeurs :
- Cette Marion me rend malade ! Envoûtons-la... transformons-la en grenouille ou en araignée.
- Impossible ! décrêtèrent les autres. Nous avons déjà essayé. Il émane d'elle un charme si puissant que nous n'arrivons à la métamorphoser qu'en biche ou en hirondelle.
- C'est toujours ça ! Elle sera chassée par les loups ou dévorée par un renard...
- Impossible ! dirent encore les autres. Devant elle, les loups deviennent des agneaux et les renards des petits chiens innocents.
- Il ne nous reste qu'une solution : c'est de la rendre comme nous ! décida alors la sorcière obstinée.
- Cela aussi, nous l'avons essayé, mais sa beauté résiste à tout. Même affublée d'oripeaux,
elle ressemble à une reine.
- Je ne parle pas de son apparence, mais de son coeur... Toutes les jeunes filles finissent par s'ennuyer dans la montagne lorsqu'elles y gardent longtemps leurs troupeaux. Invitons-la à notre bal. Son envie de danser sera plus forte que sa sagesse. Alors, nous en ferons notre jouet...
- Bonne idée ! s'écrièrent toutes les sorcières. Et elles se mirent à comploter.

Peu de temps après, Marion soupirait en surveillant ses bêtes :
- La montagne est jolie et le ciel est bien bleu... mais je m'ennuie un petit peu ! Vivement la fête du village ! Nous y danserons tous autour d'un grand feu la farandole et la tarentelle...
Aussitêt, elle vit apparaitre une vieille femme qui s'adressa à elle en ces termes :
- Je te comprends, petite ! Moi aussi lorsque j'avais ton âge, j'aimais danser et m'amuser avec les autres filles et les autres garçons. Mais j'étais également obligée de garder mes moutons, tout au long de la belle saison... Si tu veux, je peux te remplacer cette nuit. On m'a dit qu'un bal se tenait à quelques lieues de là sur une berge de la Roya. Au matin, ni vu ni connu, tu reviendras ici et personne ne s'en sera aperçu.
Tout d'abord, la jeune fille refusa. Mais la vieille insista si bien que Marion, rassasiée de solitude, finit par se laisser tenter.

Alors, elle se sentit emportée sur le dos d'un cheval invisible. Elle n'eut même pas le temps de s'en étonner qu'elle se posait déjà sur un pré où brillaient cent feux de joie. Autour, dansaient des créatures étranges portant des masques et des foulards. On ne pouvait voir leurs visages mais leurs rires étaient plus inquiétants que les rafales de vent résonnant dans les gouffres menant au centre de la terre.
Avant qu'elle n'ait pu prononcer un mot, elle fut entrainée dans une ronde si ardente et si folle qu'elle en oublia ses inquiétudes. Elle gambada et virevolta toute la nuit sans se poser de questions.
Au matin, les feux s'éteignirent, et Marion constata soudain que les autres danseuses avaient disparu, ne laissant dans l'herbe que les traces de pas de leurs rondes et quelques foulards de soie. Les piaffements du cheval invisible la rappelèrent à l'ordre. Elle grimpa sur la selle de vent et retourna sur le versant où l'attendaient paisiblement ses bêtes.

Fatiguée, elle fit plusieurs siestes dans la journée et, quand le soir tomba, elle crut qu'elle avait rêvé tout cela.
- La solitude me rend un peu folle ! se dit-elle. Il est temps que quelqu'un vienne un peu converser avec moi.
A ce moment, elle aperçut, en contrebas, sur un sentier, un berger qui avançait en compagnie de son chien. Avant qu'il ne fut parvenu jusqu'à elle, elle entendit la femme de la veille lui murmurer :
- Veux-tu encore aller danser ?
- Pas ce soir, car j'aurai de la compagnie.
- La compagnie d'un berger du pays qui te racontera des histoires de vaches et de moutons ? Ne vaut-il mieux t'en aller au bal ? Tu t'y es pourtant bien amusée...
Tentée, Marion se dit qu'elle aurait tout le temps de discuter avec ce berger le lendemain.
Et elle se laissa de nouveau emporter par sa fougueuse monture invisible.
Quand elle passa près de lui, le garçon lui cria :
- Où vas-tu ?
Elle ne répondit pas mais, regrettant de l'abandonner à la solitude qu'elle fuyait ainsi, dans un subit élan, elle l'emporta en croupe de son cheval de vent.
Tous deux se posèrent dans le pré où brillaient cette fois mille feux. Les étranges créatures masquées les accueillirent et les entrainèrent dans une danse effrénée. Marion gambada et virevolta si bien qu'au matin, elle fut surprise de ne voir à nouveau que les traces des rondes folles et les foulards gisant dans l'herbe. Elle appela le berger, car son cheval piaffait déjà.
- Vincent !
Mais il ne répondit pas car, lui aussi, avait disparu. Alors, elle rentra seule et, si elle n'avait retrouvé le chien de Vincent reposant auprès de ses bêtes, elle aurait à nouveau pensé qu'elle avait rêvé tout cela.
Peu avant la tombée du jour, elle aperçut en contrebas, sur le sentier, un voyageur qui cheminait et qui lui cria :
- Tu es Marion ? Dans ton village, où je suis passé, on s'inquiète de savoir si tu as vu un certain Vincent qui était monté te rejoindre...
Marion n'eut pas le temps de prononcer un mot qu'elle entendit la vieille chuchoter :
- Ne réponds pas ! Ce voyageur n'est peut-être qu'un brigand qui veut savoir si tu es seule...
Soudain pressée, la jeune fille enfourcha son cheval de vent. Lorsqu'elle passa près du voyageur, celui-ci hurla :
- Où vas-tu ? Tout le village s'inquiète pour toi et pour Vincent qui n'est pas rentré et qu'on attendait pour dîner.
Prise de remords, Marion l'emporta en croupe de sa monture. Ils atterrirent dans le pré où brûlaient cette fois dix mille feux. Les créatures maléfiques les accueillirent et les entrainèrent dans une farandole
endiablée. Marion gambada et virevolta si bien qu'au matin, elle ne vit encore que l'herbe foulÎe et les foulards abandonnÎs. Mais de voyageur, nulle trace. Et elle rejoignit son troupeau, au grand galop.

Le lendemain, en contrebas, sur le sentier, elle vit arriver Hippolyte, le plus beau gar?on du village. ?mue, elle resserra sa ceinture et dÎplissa ses jupons, afin de l'accueillir, quand elle entendit une voix chuchoter :
- Viens donc au bal !
- Non, répondit la jeune fille. Cette fois, je préfère rester ici avec l'ami qui vient me voir.
Furieuse, Rase-Mottes l'obligea à grimper sur le cheval de vent qu'elle fouetta pour le faire avancer plus vite. Lorsqu'elle passa près du jeune homme, Marion cria :
- Au secours ! Je ne veux pas être entraînée vers les feux de ce bal maudit où mes cavaliers
disparaissent à la fin de chaque nuit...
Bravement, Hippolyte s'accrocha à la crinière invisible de la monture et fut emporté avec elle. Tous deux atterrirent dans le pré où brillaient cette fois cent mille feux de joie. Les sorcières les y accueillirent et entrainèrent Hippolyte dans une ronde infernale tandis que certaines d'entre elles ligotaient Marion sur une souche de bois mort.
- Arretez ! hurla la bergère. Je ne veux pas que ce garçon-là disparaisse. Si vous lui laissez la vie, je vous vendrai mon âme pour l'éternité. Les êtres démoniaques ricanèrent :
- Nous n'en demandons pas tant !
Mais Rase-Mottes intervint :
- Ce garçon me plait aussi. Et je te propose un marché. Je vais te détacher et t'envoyer danser, là-haut, au bord des précipices, sur la crête la plus escarpée. Si tu tombes, Hippolyte est à moi. Si tu parviens à virevolter sur ces rochers pointus, jusqu'au moment où la dernière étoile s'éteindra dans le ciel, il sera à toi pour la vie, et vous pourrez redescendre ensemble au village sur les ailes de mon cheval de vent.
- Marché conclu ! accepta Marion.
Et elle grimpa sur la crête où elle se mit à danser. Elle gambada sur les rochers sans prendre garde aux pointes qui déchiraient ses pieds. Elle virevolta sur les sommets sous les rayons de la lune... En bas, les habitants du village, attirés par les sons d'une musique étrange, sortirent scruter la nuit et l'aperçurent. épouvantés, ils la contemplèrent longtemps, tournoyant au bord du vide.
Quand la dernière étoile s'éteignit dans le ciel, une pluie de gouttelettes de sang tomba sur le village.
Un âne gris en fut tout trempé et devint rouge comme un diable.
Furieux, les habitants de la région accueillirent Marion et Hippolyte qui descendaient des hauteurs sur les ailes d'un cheval invisible. La jeune fille ne pouvait plus marcher et on la transporta sur un lit de fleurs où des femmes lavèrent ses plaies tandis que des bergers robustes partaient à la recherche de la sorcière maudite. Hippolyte la trouva le premier. Rase-Mottes lui cria :
- Mon amour ! Laisse-moi t'épouser... Tu passeras ta vie au bal, dorloté par mes sorcières-servantes qui seront à tes petits soins...
Mais le jeune homme la fit monter sur un chariot attelé à l'âne sanglant qu'il fouetta si vigoureusement qu’il partit au triple galop de l'autre côté de la frontière, jusqu'au fin fond de l'Italie.

Quelque temps après, Hippolyte épousa Marion. La noce fut joyeuse et l'on y dansa plusieurs jours et plusieurs nuits autour de tant de feux de joie que personne ne pouvait les compter. Les jeunes gens s'installèrent dans une maison où ils élevèrent des troupeaux de vaches, de brebis et de moutons, ainsi qu'une ribambelle d'enfants aux cheveux blonds comme le miel et aux yeux de nuit profonde.

Des années plus tard, une louve à l'oeil sanglant rôda autour de leur ferme. Elle s'approcha des enfants devenus assez grands pour avoir envie de danser au bal. Elle leur sourit de ses crocs monstrueux et dit :
- Vous êtes bien seuls ici ! Voulez-vous venir avec moi ? Je connais une berge, au bord de la Roya, où l'on s'amuse toute la nuit...
Mais Hippolyte sortit de la maison et la tua d'un coup de fusil.

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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMar 15 Avr - 10:23

ye ye C'est un plaisir de lire le matin! ye ye

Il me semble que je connaissais une variante de cette histoire mais je préfère celle-là, elle est fleuri plus longue, donc meilleure à savourer.
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMar 15 Avr - 11:40

Super, les fées, vos histoires de Provence...... et comme c'est ma terre aussi, je vous mets celle-là

Légende de l'âne volant
Depuis quelques années, au mois d'avril, les Gonfaronnais font la fête autour d'un âne volant spécialement édifié à cette occasion. En fin de journée, l'âne fleuri de l'année est brûlé. C'est une façon de faire revivre cette légende.
Il était une fois au début du XVIII ème siècle selon certains, en 1645 très exactement selon d'autres, un petit village de Provence qui se préparait à fêter dans la joie son Saint Patron. Le village était Gonfaron, surmonté déja à l'époque d'une chapelle dédiée à Saint Quinis.
En ces temps là, toute fête comportait une procession. Celle ci suivait un parcours dans les rues du village et aboutissait à la chapelle St Quinis. Les consuls avaient donc ordonné aux habitants de nettoyer le devant des maisons situées sur le chemin du cortège.

Or, il se fit qu'un Gonfaronnais grincheux, on ne sait trop pourquoi et dont l'histoire n'a pas retenu le nom, refusa de faire cette besogne de propreté. Il s'écria simplement: " Si Saint Quinis trouve le passage trop sale, il n'aura qu'à sauter par dessus! ". Selon certains il ajouta à cette exclamation, quelques autres propos assez désobligeants. La municipalité fit procéder d'autorité au travail nécessaire; la procession passa comme à l'ordinaire dans la joie et la bonne humeur. Si l'incident n'eut guère de conséquence, il resta dans la mémoire des villageois.

Mais, quelque temps après, le quidam grincheux à cheval sur son âne, s'en revenant de la campagne, descendait les pentes de la Carnaraute (nom local de la montagne qui domine Gonfaron au nord). Or sa bête, énervée par les taons, prit soudain une allure précipitée. A tel point que quittant le chemin, elle fit un vol plané au dessus du ravin tandis que son piteux cavalier était projeté rudement sur le sol.

Connue aussitôt, sa mésaventure fit la joie et la risée de tout le pays, et chacun de s'écrier:

"C'est bien fait, Saint Quinis l'a puni, son âne a volé"

C'est ainsi qu'est née la légende de l'âne volant de Gonfaron. N'en déduisez pas que tous les Gonfaronnais sont des grincheux volants...ni des ânes !
__________
Texte inspiré de celui du livre de Louis BAUDOIN : "Histoire Générale de la commune de Gonfaron des origines au XXème siècle" (édité en 1976
).
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Myosotis
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMar 15 Avr - 17:17

Quelles sont belles ces légendes. On passe un bon moment à les lire...merci les filles !
Raconter une légende c'est tout un art.
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Béa
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMar 15 Avr - 17:40

ii ii excellente!!! je ne l'avais pas celle-ci! je vois bien la légende prendre toute sa belle ampleur, une ampleur digne des Provençaux! ii ii
et la phrase de fin est indispensable, n'est-ce pas! excellent! merci beaucoup, Dame Merline!! tch flo

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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMer 16 Avr - 17:17

Merci aussi à toi Dame Louve !! ye
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyMer 16 Avr - 21:58

Quelle petite merveille que ce cette légende de l'âne qui vole. ai

Merci Merline de l'avoir contée. fleuri
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Francis
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MessageSujet: Re: Légendes de Provence   Légendes de Provence EmptyJeu 17 Avr - 5:47

ai ai

C'est bien cet âne qui vole, et l'histoire est interessante. La prochaine fois, il prend un pégase pour ne pas se casser la figure....

:an: :an: :an:
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