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 Les sirènes de Bagdad….Yasmina Khadra

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ulysse
Lutin Sagesse
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MessageSujet: Les sirènes de Bagdad….Yasmina Khadra   Les sirènes de Bagdad….Yasmina Khadra EmptySam 30 Juin - 22:42

J’avoue qu’il m’arrive très souvent d’être désemparé, déconcerté par l’esprit actuel des hommes qui sans vergogne aucune, ne cessent de s’employer à dédramatiser « l’honneur » ou plutôt l’absence d’honneur. Il n’y a pas si longtemps, quelques décennies tout au plus, on pouvait encore entendre de celui qui avait tout perdu, « il me reste mon honneur ». Dans ce même temps, lorsque l’on était confronté au déshonneur, il n’y avait aucun doute dans l’esprit des hommes d’alors, il fallait protéger sa dignité, surtout son nom et donc l’avenir de sa famille et de sa descendance. Il n’était donc pas rare de retrouver son honneur perdu, dans la ….mort.
Comment donc être rassuré par ces puissants d’aujourd’hui qui ne s’attardent plus à des considérations pour la morale, la dignité…l’honneur. Combien de ces puissants sont-ils là, défrayant les chroniques journalières, faisant la une pour s’être fourvoyés, déshonorés et cherchant à retrouver le respect de leurs contemporains par la voix d’avocats et par le temps subtil guérisseur de dignités perdues.
Au nom de cet honneur, on peut tout. Une société sans honneur ne peut assumer ses faiblesses, ne trouvera pas le courage du sacrifice. Peut-on toujours appeler société humaine, une société sans honneur et sans respect pour ses plus fragiles enfants…
Pour un bédouin, il en est autrement. Sa vie, ses coutumes, son humanité règlent leurs pas sur la tradition plus que sur les sourates du livre saint. Ces traditions sont mues par un moteur qui ne peut souffrir d’aucune ratée, l’honneur.
L’honneur pour un bédouin se confond avec son âme, son cœur, sa peau, la terre qu’il foule. Toutes ses actions doivent s’exécuter dans l’honneur et le respect de ses aînés et de ses pères.
Que peut-il donc ressentir, lorsque ce jour noir pour ce village, haut perché, d’Irak, oublié des hommes, est rattrapé par l’horreur de la guerre de ces mêmes hommes. Que peut-il ressentir, lorsque des soldats étrangers à ses traditions, au cœur emplit de colère, de discours aux vieux relents de mensonges et surtout de frayeurs, leur seule excuse en vérité, la peur de mourir loin des leurs, viennent, investissent sa maison, bousculent sa famille, jettent son père fragile et vieillissant à terre. Que peut-il ressentir voyant son géniteur, à peine vêtu d’un ridicule sous vêtement bien trop large et ne rien masquant de ses parties les plus intimes. Que peut-il ressentir lorsque les yeux du père croisent les yeux du fils. Le temps à cet instant s’arrête ; une seule réponse à ce que peut ressentir le bédouin : plus rien
Tout ce à quoi il croyait vient d’être réduit à néant, l’honneur de sa famille est perdu ; il ne ressent rien car à l’instant même où il a aperçu le sexe de son géniteur, il est mort. S’il semble ressentir en lui ce souffle de vie encore, c’est uniquement parce qu’il est en sursis de cette mort. L’honneur de sa famille doit être sauvé en répandant le sang de ses profanateurs.
Rien ne pourra l’atteindre, aucune crainte en lui, car il ne vit plus. Cependant pour assouvir cette vengeance, il devra se commettre avec les combattants terroristes irakiens.
Dans cette société irakienne ensanglantée, se voient confrontés les occupants, si terrorisés qu’ils en viennent à commettre les pires bavures auxquelles ils répondent par de simples excuses ; les terroristes qui n’hésitent pas à commettre les pires crimes dont le plus souvent leur propre peuple est victime ; les combattants djihadistes en désaccord morale avec les seconds mais aussi coupables, car le peuple reste la victime …Qu’en est-il de l’honneur ? Tout simplement enterré dans ce village haut perché d’Irak, oublié des hommes.
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