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 Breizh, Légendes de Noël

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Béa
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MessageSujet: Breizh, Légendes de Noël   Sam 2 Déc - 19:13

lutin Haha! vous n'alliez tout de même pas imaginer que j'allais oublier notre belle Bretagne, en cette période de Fête magique?! lutin

Voici une petite historique, que j'espère, notre Gwerz viendra abreuver avec moi! laissez, laissez entrer les Légendes, et l'Histoire!

Pour les fêtes du solstice d'hiver, dans le calendrier celtique, qui se composait de 13 mois lunaires, il manquait souvent un jour entre le 22 décembre qui terminait le mois du sureau et le 24 qui débutait celui du bouleau.
Ce jour marquait le solstice d'hiver et deviendra Noël par la suite, moment de croissance lumineuse.

Egalement, le 25 décembre, citons la fête du dieu solaire Mithra (soleil invaincu) qui existait bien avant le IVème siècle où l'église institua la fête de Noël.
La Nativité fut représentée par la crèche et la grotte de Bethléem qui devint lieu de pèlerinage dès le II ème siècle. On a attribué à St François d'Assise l'origine de cette représentation car il aurait dit une messe de minuit à Greccio, en Italie, devant une étable où hommes et bêtes jouaient les acteurs du miracle de la nuit de Noël.
En Bretagne, on peut admirer, près de Lannion, le curieux retable de Notre-Dame-du-Yaudet qui date du XVII ème siècle et montre la Vierge couchée dans un lit, Joseph est assis à ses pieds. On croyait, en Bretagne, qu'un enfant malade,placé près de l'enfant Jésus dans la crèche, pendant la messe de minuit, guérissait de sa maladie.

Les coutumes et les croyances anciennes sont nombreuses :
la bûche de Noël était une bûche énorme, provenant d'un hêtre,d'un chêne,d'un ormeau ou d'un arbre fruitier.
On l'appelait « Kef Nedeleg » et on l'aspergeait d'eau et de sel avant de la brûler.
A la fin de la veillée, on l'éteignait pour la conserver jusqu'à l'année suivante.

Et le sapin de Noël qui est en fait un épicéa ?
Il vient de bien loin puisque les Celtes le dédiaient au jour de renaissance du soleil et l'appelaient « l'arbre de l'enfantement »
Les miracles de cette nuit magique ont lieu pendant que sonnent les douze coups de minuit : Alors, on entend le son des cloches des villes englouties et l'on peut voir des menhirs qui sortent de terre pour aller boire à la source puis s'en reviennent après les 12 coups de minuit sonnés !. Ils ont laissé à découvert tout un trésor caché par leur poids mais il faut se hâter pour s'en saisir avant leur retour !

C'est une nuit de privilèges où aucun esprit malfaisant ne peut surgir, nul maléfice, nulle sorcière ne peut agir.Certaines personnes, restées à la maison pendant la messe, disposaient des couronnes de paille dans les champs autour des pommiers pour assurer une belle récolte. On ne touchait jamais au gui, réputé magique et sacré !

Autrefois, les petits « Noëlloux » scandaient de porte en porte le même refrain :
« Chantons Noël pour une pomme, pour une poire, pour un petit coup de cidre à boire »
...et leur chant était récompensé par quelques sous ou par des friandises (comme le caramolet, sucre caramélisé) que l'on vendait dans les épiceries de la rue Saint-Malo à Rennes, enveloppé dans du papier journal.

Il y eut une époque où les bergers de Bretagne (si l'on en croit un Noël du XVIIème siècle) se transportèrent jusqu'à Bethléem pour déposer leurs présents aux pieds de l'enfant Jésus et lui danser une « tricottée » d'honneur :

Chantons Noël
Chantons la tricottée
Car la paix est criée
Chantez de là et moi de ça
A gorge déployée
Accordons bien nos chalumeaux
Marie est accouchée !


On était pauvres en Bretagne et les sabots, déposés au pied de l'âtre, ne recevaient souvent que des pommes rouges bien frottées, appelées « pommes du paradis » ou une orange devenue « pomme d'orange ».
On jouait des pastorales dans les églises de village et une légende conte le miracle de Ste Brigitte, pauvre infirme sans bras, qui reçut l'enfant de Marie sur ses genoux et qui retrouva ses mains et ses bras pour langer le divin Enfant en lui chantant la berceuse de Nedeleg. On peut visiter sa chapelle à Sillac, près de Mur-de-Bretagne et admirer sa statue au dessus de la
fontaine de Saint-Hernin.

Rappelons enfin cette croyance tant répétée qui fait parler les bêtes dans l'étable pendant la messe de minuit :

Il est une nuit dans l'année
Où les bêtes ne dorment pas
Ou pendant que la maisonnée
Entend frissonner le verglas
Tout ce qui vit d'herbe et de chaume
Dans la langue que parle l'homme
Enfants, s'entretiennent tout bas


source : http://monsite.wanadoo.fr/terresdelegendes/page1.html


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nathou
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Dim 3 Déc - 0:13

tu nous enchantes toujour avec tes posts

bisous
nath
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abigail
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Dim 3 Déc - 0:45

quel plaisir d'en apprendre un peu plus!!!
merci, ma béa!

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Béa
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Lun 4 Déc - 1:35

lutin Haaa! ça me fait plaisir de vous trouver là, les filles! merci! sapin

je vais tenter prochainement, de poster des Contes de Noël "Spécial Breizh", mais il faut que je rouve le temps de les écrire! hiiiiiii!

et j'espère que notre Bretonne du Jardin viendra nous en apporter de fameux, également!


Bizoux :n1:

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gwerz
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Lun 4 Déc - 15:30

Voui!!! hi Dès que j'aurai de nouveau une connexion en état de marche! gn Bisous les filles.

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Béa
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Mar 5 Déc - 19:36

:n1: t'inquiète pô ma Gwerz! on attend, on attend!
arf, ces "box"!... je connais le problème! lut

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samantha
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Mer 6 Déc - 10:29

Tu as toujours de belles choses à nous apprendre dame Béa, merci à toi. zou
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gwerz
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Mar 12 Déc - 22:41

Bon! Une tite histoire du côté de Carnac (vous savez, les menhirs!)
A Noël, à minuit, les pierres sortent de leur trou et vont boire tout près de là. Celui qui passe à ce moment là peut voir tout l'or, les trèsors et les richesses cachées sous les pierres. Mais attention à celui qui veut se servir! Au dernier coup de minuit, les menhirs reviennent pour reprendre leur place et le voleur meurt, écrasé par les pierres qui retrouvent leur position habituelle!

lut Pas gaie...mais impressionnante! Ca doit faire un drôle d'effet de voir bouger ces gros monstres gris! lut

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Béa
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Mar 12 Déc - 22:51

bu bu bu bu Des légendes! des légendes!!!! jj oh

Vouiiii ma gwerz! tu as enfon retrouvé ta connection!!!

bon alors maintenant, hiiii lut , si tu veux bien, viens donc nous parler des animaux qui parlent la Nuit de Noël!!! siouplè m'dame de Breizh!
lutin lutin lutin siouplèplèplè!!! tetine

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gwerz
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Jeu 14 Déc - 20:47

Un conte de Noël plutôt angoissant! J'ai laissé les références du texte , ça peut vous donner des idées de livres!!! lut



LE SIRE DE LOËDIC i
Ce soir-là, 24 décembre 1153, dans une pauvre hutte de sabotiers de l'antique
forêt de Kérarmor, en Bretagne, la famille était réunie pour la veillée de Noël. Le
père, Yvon Le Guénec, était un grand et robuste paysan aux larges épaules, à la
forte tête, posée sur un cou solide, et la figure franche et honnête. D'était de plus le
meilleur homme qu'il se pût voir, d'un cœur d'or, d'une charité même exagérée –
disait sa femme Mariannec -, dont ne songeaient certes pas à se plaindre les
mendiants, chercheux de pain ou joueurs de biniou que le hasard conduisait devant
la chaumière du sabotier. Yvon était pauvre, car la confection des sabots ne
rapportait pas bien gros ; mais on était toujours sûr de trouver chez lui bon accueil
bon gîte et repas à la fortune du moment.
Aussi quand, le dimanche, le sabotier descendait la Cabée-des-Loups pour se
rendre à l'église ou pour aller aux pardons voisins, c'était plaisir d'entendre le pauvre
le monde le saluer d'un "Bonjour, not'maître, et chez vous ?" absolument comme s'il
eût été le recteur en personne, ou bien noble sire Pierre de Loëdic de Kérarmor.
Du sire on parlait justement dans la hutte d'Yvon Le Guénec.
- Ainsi tu disais, Mariannec ?
- Que la femme de Fanch Scouarnech a passé par ici et m'a rapporté de
grandes nouvelles du châtelain. Mais ……… parlons plus bas, on pourrait nous
entendre du dehors !
Ce n'était pas à craindre. La neige tombait drue et serrée dans la forêt,
couvrant le sol et les arbres de son épais manteau. Le froid était terrible, et le vent
grondait, hurlais, soufflait en tempête à travers taillis et futaies, buissons et
broussailles, branches et rameaux.. Hou ! hou ! hou ! … faisait-il. !et, de temps à
autre, c'étaient de craquements d'arbres s'entrechoquant et se brisant, ou des rafales
et des bourrasques épouvantables qui menaçaient d'emporter la chétive chaumine.
La femme d'Yvon Le Guénec continua tout bas :
- Fanch Scouarnech est rentré au village depuis hier, et il est revenu tout seul
après avoir manqué mille fois de périr sur la route. tu sains qu'il avait, en qualité
d'écuyer, accompagné messire de Loëdic à la croisade, et du te rappelles avec
quelle joie le pauvre monde vit partir le seigneur de Kérarmor. Il était si méchant, ce
mauvais sire ! Eh bien ! nous ne le reverrons plus : il a défunté en Terre sainte !
- Il ne faut pas souhaiter de mal à son prochain ; mais, pour le sire, je jurerait
qu'en ce moment il est à tenir compagnie à Satan, pour le moins son cousin
germain!…
Comme Yvon achevait ces mots, quelqu'un du dehors heurta à la porte, tandis
qu'une vois disait :
- Bonnes gens, qui que vous soyez, ouvrez la porte à un pauvre voyageur qui
se meurt de froid et de fatigue !
- Sainte mère de Dieu ! s'écria Mariannec tremblante de tous ses membres ;
qui peut venir à cette heure ?
- Ouvre donc, femme ! dit Yvon ; crois-tu qu'il fasse bon rester dehors ?
Mariannec entrebâilla la porte et se trouva devant un page aux grands cheveux
blonds et à l'apparence d'une jeune fille.
- Bonsoir, bonnes gens ! bonsoir !… Quelle froide soirée : je craignais fort de
me perdre dans la vieille forêt.
- Soyez le bienvenu ! tout ce qui est sous mon toit vous appartient, usez-en
comme vous le désirez ! lui répondit respectueusement le sabotier.
Et le page s'e fut s'asseoir sur un escabeau de chêne au coin de la grande
cheminée, tandis que la ménagère apportait du pain noir et du fromage, et ravivait le
feu en y jetant une pleine brassée de bois mort.
Le jeune homme ne prit qu'un peu de pain noir et ne toucha pas au reste du
repas.
Ce souper frugal achevé, le page plaça la petite Yvette sur ces genoux et se mit à l'y
faire sauter en lui racontant de jolies histoires.
Jeannic, le frère d'Yvette, s'était approché entre temps et s'était assis sur
l'escabeau du nouveau venu, afin de ne pas perdre un seul mot des merveilleux
récits.
Le page s'en perçut.
- Viens là aussi, Jeannic, dit-il. Assieds-toi auprès de ta sœur et tu écouteras
mes histoires …
- Voyons, es-tu bien sage ?
- Oh, oui !
- Jeannic, tu est un bon petit garçon. Vas-tu ce soir à la messe de la nuit ?
- Papa dit que cela me fatiguerait ; et pourtant j'aimerais bien y aller..
- Moi également, ajouta Yvette ; on y voit le petit Jésus couché dans une
crèche auprès de l'Âne et du Bœuf. Et puis des bergers conduisant de blancs
moutons ; et puis encore les Rois Mages, Joseph, Maire et des anges aux grandes
ailes d'or. Que ce doit être beau !
- Eh bien ! on vous emmènera. N'est-ce pas, bonnes gens, que vous les
laisserez venir ?
- Ma foi, oui, puisque cela vous fait plaisir !
Au même instant, un heurt formidable vint ébranler la porte.
- Ouvrez, ouvrez, de par tous les diables!… Manants, allez-vous me laisser
une heure à la porte ?
Ces mots furent suivis d'un autre choc. Mariannec se signa et courut ouvrir.
Un homme tout de noir habillé se précipita dans la chaumière, menaçant de tout
renverser, jurant, blasphémant et sacrant comme un païen.
- De par les cornes de Belzébuth ! s'écria-t-il ; il ne fait pas bon venir de
Rennes à pareille heure ! Où diable ai-je été m'aventurer ? Il fait un temps d'enfer !
Allons, quelques fagots dans l'âtre, et tout ce que vous avez de meilleur à me donner
à manger :
Mariannec et le sabotier restaient tout interloqués du sans-gêne du nouvel
arrivant, tandis que Jeannic et Yvette, effrayés et tremblants, se cachaient la tête sur
la poitrine du jeune page.
Vous hâterez-vous ? hurla l'inconnu. Ne savez-vous point qui vous parle ?
Messire Pierre de Loëdic, eigneur de Kérarmor, en personne ! Ah ! ah ! ah !
Et le sire de Loëdic éclaté d'un rire sinistre qui vous donnait le frisson, tandis
que Mariannec et Yvon s demandaient s'ils ne rêvaient point de voir en chair et en os
de maudit sire dont une heure auparavant on avait annoncé la mort en Terre
sainte!… Et puis, venir tout d'une traite, sans cheval, de Rennes,à vingt lieues de
là)!… c'était au-dessus de la compréhension des pauvres sabotiers !
La femme jeta deux fagots dans l'âtre et servit le reste de ses provisions au
terrible sire de Loëdic de Kérarmor. En quelques minutes, in ne resta rien du souper.
Grommelant et jurant toujours, le chevalier noir alla s'asseoir dans le coin resté libre
au foyer.
Alors seulement il s'aperçut de la présence du jeune homme.
Qui es-tu ? dit-il en fronçant les sourcils.
- Le page de messire Fortuné de Penglen : répondit simplement l'adolescent.
Sans plus s'inquiéter, le sire de Loëdic se tourna vers le sabotier.
- Eh bien ! Yvon Le Guénec, que dis-tu de ma visite ? Je te fait grand honneur,
ne penses-tu pas ?
- Certes, messire… balbutia le sabotier.
- Et que diras-tu quand je t'aurai annoncé que je compte passer ici, en ta
compagnie, cette maudite nuit de la Nativité, avant de rentrer en on château de
Kérarmor ?
- Mais, monseigneur…, messire de Loëdic, et… la messe nocturne ?
- Pour une fois, tu la manqueras. Et, du reste, à quoi te servirait-il d'aller ouïr
les folies du recteur ?
-Tout bon chrétien, messire, est tenu d'assister à la messe de minuit ; aussi
veux-je y aller ; même j'y conduirai ma femme et mes enfants.
- Que dis-tu là manant ? Sais-tu que je ne le veux point ? et que moi, seigneur
de Kérarmor, je te ferai pendre à la maîtresse branche de certain chêne où doit
encore se balancer pus d'un de tes pareils ?
Yvon Le Guénec frémit en songeant au fameux chêne dont parlait le noir
cavalier. Et cependant il se raffermit aussitôt pour répondre :
- Comme il vous plaira, monseigneur Pierre de Loëdic, mais nous assisterons
à la messe nocturne !
Le sire se leva d'un bond, s'étranglant de colère. Il saisit sa lourde masse
d'armes et se précipita sur le sabotier pour l'assommer d'un coup.
Mais, rapide comme la pensée, le jeune page fut devant Pierre de Loëdic.
- Arrière, Satan! s'écria-t-il.
Et à l'instant, le diable, car c'était bien lui, se changea en une petite flamme
verdâtre qui se confondit avec celle du foyer et disparut avec elle dans la vaste
cheminée.
Yvon Le Guénec et sa femme s'étaient jetés aux genoux du génie radieux aux
grandes ailes d'azur qui avait laissé sa forme de page pour reprendre sa figure
d'ange. Mais les relevant :
- Bonnes gens, dit-il, allez à la messe de minuit et priez avec ferveur. On vous
a dit vrai, le sire de Loëdic a péri de malemort depuis longtemps ; depuis longtemps
aussi, il souffre d'éternels supplices, et parfois le diable prend sa forme pour tromper
les chrétiens qu'il veut faire tomber dans ses embûches. Ne craignez plus ; votre
courage et votre foi vous ont pour toujours préservés !
Ayant parlé, l'ange disparut.
Les cloches sonnaient à toute volée, appelant les ficèles à la messe de minuit.
Yvon, Mariannec, Jeannic et Yvette descendirent à l'église où se célébrait la
naissance du petit Jésus.
Lorsqu'ils revinrent de la messe nocturne, les sabotiers ne trouvèrent plus leur
triste chaumine. Mais à la place s'élevait une jolie maisonnette avec sa grange
remplie de blé et son étable où joyeusement beuglaient et bêlaient deux vaches
blanches tachetées de noir et une douzaine de brebis. La cave était toute pleine de
provisions ; les armoires débordaient de beau linge neuf ; dans un coin du foyer,
Jeannic et Yvette trouvèrent leurs sabots bondés de jouets et de toutes sortes de
belles choses apportées par le père Noël.
Ce fut la première fois, assure-t-on, que le bon vieillard donna des cadeaux
aux petits enfants. La nouvelle se répandit par tout le pays breton, puis par toute la
France et même plus loin. Et aujourd'hui c'est à tous les enfants sages que le père
Noël offre ses présents la nuit de la naissance du petit Jésus à Bethléem.
i Par Henry CARNOY, dans : Les noëls bretons, textes rassemblés et présentés par Dominique
BESANÇON, Editions Terre de Brume, 1999

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samantha
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Ven 15 Déc - 18:03

Très très belle histoire Gwerz :)

Les contes de Noel ou non me transportent dans un monde que j'aime beaucoup.
Merci à toi. zou
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Béa
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MessageSujet: Re: Breizh, Légendes de Noël   Ven 15 Déc - 19:12

:n1: MA-GNI-FI-QUE !!!!
superbe! et comme il est bon de se retrouver en Bretagne avec ce texte!!!
ha, merci à toi! ce fut une bien extraordinaire nuit de Noël!
j'ai pris note du bouquin!!! (héhé! vive le Père-Noël!)
merci ma Gwerz! :n1: lutin :n1:

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